Attachements : enquête sur nos liens au-delà de l'humain
- Auteur : Charles Stépanoff
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- Editeur : Paris : La Découverte 2024
- ISBN/ISSN : 978-2-348-08113-2
- Format : 631 pages
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- Nature du document : Documentaire
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Résumé :
Comment nous relions-nous à notre environnement et comment nous en détachons-nous ? Comment en sommes-nous arrivés à vivre dans des sociétés dont les rapports au milieu vivant se sont appauvris au point de menacer notre monde de devenir inhabitable ? On a longtemps défini les humains par les liens les unissant les uns aux autres. Or ils se distinguent aussi par les relations singulières qu'ils établissent au-delà d'eux-mêmes, avec les animaux, les plantes, le cosmos. Sur tous les continents, chasseurs-cueilleurs, horticulteurs ou pasteurs nomades interagissent de mille manières avec une multitude d'autres êtres. Partout, les groupes humains s'attachent affectivement à des animaux qu'ils apprivoisent et avec lesquels ils partagent habitat, socialité et émotions. Notre ouverture à l'altérité va même plus loin. Nous établissons des relations fortes avec les esprits des montagnes et des fleuves, avec des dieux ou des ancêtres. Nous sommes étonnamment polyglottes, capables d'échanger avec un oiseau, une étoile, un esprit. Longtemps ignorée, cette disposition apparaît fondamentale dans le rapport singulier que nous avons construit avec notre environnement au fil des millénaires. En s'appuyant sur l'anthropologie évolutionnaire, l'archéologie, l'histoire, l'ethnographie et ses propres enquêtes de terrain menées en Sibérie et en France, Charles Stépanoff compare différents contextes anciens et actuels, proches et lointains, où les humains s'attachent d'autres espèces. Au fil d'un parcours captivant qui l'amène à repenser intégralement des phénomènes fondamentaux comme le processus de domestication, la genèse des hiérarchies ou la construction des États prémodernes, il explore cette question inédite : comment les attachements au milieu vivant transforment-ils les organisations sociales ?
Les affres d’un prédateur empathique
Des humains polyglottes
Enchantements trans-espèces
Le paradoxe du renne
Et l’homme-démiurge domestiqua le monde
Repenser la domestication
S’attacher au-delà de l’humain, se différencier entre humainsComment en sommes-nous arrivés là ? Comment en sommes-nous venus à vivre dans des sociétés fondées sur des dévastations écologiques, des inégalités sociales et des pouvoirs centralisés ? Quels choix accomplis dans l’histoire ont mené à cette situation ? D’autres voies étaient-elles possibles et sont-elles encore accessibles ? Les sociétés humaines sont-elles destinées à rejoindre les unes après les autres le chemin de la modernité tracé par l’Occident et à rendre la Terre progressivement inhabitable ?
La conclusion à laquelle nous sommes parvenus à travers cette enquête est que les inégalités et les rapports de pouvoir sont étroitement corrélés aux transformations des attachements des humains à leurs milieux vivants. Les théoriciens ont pressenti depuis longtemps qu’il existe des liens entre l’écologie et la sociologie des groupes humains, mais ils ont imaginé des causalités simplistes et mal expliquées. La chasse-cueillette, le pastoralisme nomade ou encore la culture des tubercules ne garantissent en aucune manière des rapports sociaux égalitaires à l’abri du pouvoir politique. Inversement, ni la domestication en général ni la céréaliculture ne sont des conditions nécessaires ou suffisantes pour faire émerger des hiérarchies sociales.
Sur la très longue durée, la question du passage de différenciations réversibles et hétérarchiques à des hiérarchies stables doit être examinée à travers les réseaux écologiques. Les capacités de tisser des liens au-delà de l’humain sont une clé à la fois du fonctionnement des socio-écosystèmes et de l’évolution des pouvoirs politiques…
Exemplaires (1)
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| Cote | Localisation | Section | Code-barres | Disponibilité |
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| 304.2 STE | Espace Documentaire | 3-Sciences sociales | 010483 | Disponible |